vendredi 25 mai 2012

En avant, marche !

.

Revenir
Marcher d’un pas sûr
Comme en terrain conquis
Et fermer les portes du désert

Revenir
Regarder l’horizon
Où les soleils se lèvent
Et tirer sur le passé les traits de l’oubli

Revenir
Les manches relevées
Pour mieux tendre les bras
Et jeter aux orties les longs cris du silence

Revenir
Pour quoi ? 
... Pour qui ?

Kodama

mercredi 26 octobre 2011

Distorsion

Comme l’usure a rongé le courage

Et l’envie et l’émerveillement

Ne laissant que ce vide

Qui étouffe le cœur

Qui s’insinue et se répand

Comme les images anciennes

Qui s’empilent et se troublent

Mêlant sans concession

La certitude et le doute

J’entre dans cet autre enfer

Où il n’y a plus rien à dire


Tous les mots sont épuisés

Tout va bien je délire

Et d’un souffle

Je ferme la lumière

*

lundi 10 octobre 2011

Guerre intérieure, dissonnance...

*

Tu es là furtive coincée entre ciel et nuit

Guettant le moment où le miroir est si fragile

Qu’il casse dès que souffle le vent

Tu batailles comme une pauvresse

Ricanant sans panache

Rongeant de temps en temps - mais avec quelle hargne

Ces os poudreux qu’on ne laisse qu’aux chiens

T’étais belle pourtant avant

Quand tu te croyais blues ou déprime de printemps

Gémissant contre le temps qui fout l’camp

Je te serrais comme on étouffe les chats

Ou bien les oiseaux pour en aspirer l’âme

Pour toi j’ai tué la lumière et puis tressé le sombre

Je te disais fais ! Fais que l’ombre te sauve

Si le rêve t’égare

Mais tu poussais des cris comme grondent les furies

Maintenant je traîne dans ce vide

Où même la douleur à de la peine à vivre

J'ai la tête sourde et le cœur cabossé

Alors je t’encourage et puis je te maudis

Et m’écartèle entre le faible et le hardi

Je tourne et je retourne la peau du chagrin

Et puis je te regarde

Toi qui me pousse à crier que je n’existe plus

*

Kodama

jeudi 25 août 2011

Magic'world


*
Partir, disait-elle, et dans son regard gris océan déferlaient les vagues du voyage, du départ, de l'exil. Elle tenait d'une main un parapluie et de l'autre, une branche de sapin : ce bâton feuillu pour requin affamé. Elle essayait de pêcher tous les poissons. Elle les voyait frétiller dans un cornet de papier ainsi que des éclairs d'argent.
Elle se mit à balancer dans le vide des jambes qui ne touchaient pas le sol, puis elle ramassa des galets pour en faire un tapis de pierres dorées : c’était une magicienne. Empêtrée sous son chapeau pointu et son paletot étoilé.
* 

lundi 15 août 2011